Clarika, Portraits

Musique
La Cigale (Paris)
12 avril 2016


« Je suis l’ingénue, la guerrière, je suis la douceur, la colère… » Comme dans les paroles de « Je Suis Mille », une de ses nouvelles chansons, Clarika a toujours présenté mille facettes, mille fossettes. On l’a connue voyeuse dans le vestiaire des garçons ou experte des cabines d’essayage, amoureuse en transit et menteuse malicieuse, belle à se damner et rebelle à l’hyménée, fille et femme, bad et oualou, en mieux et en pire, mais toujours pour le meilleur. De quoi faire battre son cœur…

Justement, c’est le titre et le sujet de ce nouvel album. Un disque à la fois singulier et familier, intime et universel, qui évoque, entre douceur et douleur, le thème de la séparation. Une séparation amoureuse et artistique d’avec son compagnon, le compositeur et arrangeur Jean-Jacques Nyssen, avec qui elle partageait vie et musique depuis vingt-cinq ans.

Si cet évènement a été le moteur de l’écriture de ce nouvel album, rien à voir avec un faire-part de rupture au pathos emphatique. Tout au long des treize chansons qui parsèment le disque, on retrouve la patte d’auteure de Clarika, cet espiègle talent à ciseler mots et images, à jongler entre rire et émotion, à raconter la vie qui va avec ses ivresses et ses travers, ses étés et ses hivers. « Tous mes albums sont personnels» affirme Clarika.

« De quoi faire battre mon cœur », son septième opus, l’est sans doute un peu plus que les autres, mais surtout prétexte à renouveau : changement de ton, d’ambiances et d’équipe, pour prendre le pari de tout chambouler, abandonner le confort des habitudes, quitte à se mettre en danger. Pour la première fois, l’album a été concocté sous la houlette du réalisateur, arrangeur, compositeur et musicien Fred Pallem (Le Sacre du Tympan), avec la complicité de Raoul Tellier (La Maison Tellier), les deux principaux compositeurs. Au fil des plages, on croise aussi Mathieu Boogaerts, Skye, Claire Joseph, Alexis HK, Tony Melvil et même Jean-Jacques Nyssen, crédité de deux titres. Des chansons à la grave légèreté (l’émouvante « Je ne te dirai pas », sans doute l’un des plus beaux textes de Clarika, « La vie sans toi», « Rien de nous », « Dire qu’à cette heure », en duo avec Alexis HK), traversées de souvenirs turbulents (« On a fait », « Le Choix ») et de métaphores éloquentes comme dans « La Cible», en duo avec Helmut Tellier, évocation sous chapiteau d’un amant maladroit lanceur de couteau, « L’Inaperçue», portrait d’une fille transparente, ou « Le Lutétia », inspirée de l’histoire vraie d’un couple âgé venu finir ses jours dans le palace parisien.

Dans les nouvelles chansons de Clarika, il y a des pluies de cordes venues de Budapest, des traversins de clavecins, des basses gainsbouriennes, des guitares tartares et des claviers vintage. Comme la BO d’un grand film moderne qui raconterait la vie et les amours qui passent. Avec des cœurs qui battent à l’unisson. Le sien et les nôtres.

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