Ablaye Cissoko & L’Ensemble Constantinople, Portraits

Musique
World Stock Festival #3, Théâtre Des Bouffes Du Nord (Paris)
25 novembre 2015


Ablaye Cissoko & Ensemble Constantinople - "Jardins Migrateurs" (Album sortie le 13 novembre 2015.)

Rencontre poétique entre cordes et voix, “Mon jardin est mon œuvre. Ma mémoire est la terre de mon jardin. Tout ce qui pousse sur cette terre, y garde les racines et déchire le sol pour aller ailleurs, pour s’unir à l’univers.”
- Kiya Tabassian

De tout temps, en tous lieux, la Parole du monde s’est incarnée dans celle, terrestre, du barde, du troubadour ou du griot. Ces artisans poètes, tout autant passeurs que pacificateurs, sont le trait d’union avec les forces de la nature, le divin indicible, la mémoire des anciens. Il leur revient d’entretenir le foyer quotidien de l’âme collective.
Entre le djéli malinké conseillant les rois-guerriers et narrant leur glorieuse généalogie, et le bakhshi du Khorasan, lettré, chamane et barbier, il ne semble ainsi y avoir qu’une corde de luth... C’est à croire que les mélodies et l’oralité viennent autant de la terre, de l’eau et de l’air que du cœur des hommes.
De nos jours, ces libres penseurs et voyageurs font du monde leur jardin... À la façon des musiciens de Constantinople et d’Ablaye Cissoko, griot de Saint-Louis du Sénégal, éternel oiseau migrateur et maître de la kora. On dit de cette harpe luth du Royaume mandingue qu’elle était le bien le plus précieux et disputé de la femme-génie. De cette créature céleste, Ablaye semble avoir hérité la grâce. Douceur de son timbre, finesse de ses lignes mélodiques, fluidité de son doigté, virtuosité sans tapage, propos d’une générosité ciselée, écho à l’enfance et maturité du sage mêlées. Entre le trio Constantinople et Ablaye, au commencement, la rencontre simple des cordes et des voix qui rappellent aux sources la beauté d’être. Puis, la traversée conjointe des lieux communs de l’imagination, comme une longue respiration face à la marche inexorable du monde et du temps.

Ablaye Cissoko est reconnu comme l’un des tous meilleurs joueurs de kora de la planète. Son récital de kora et chant est une prodigieuse démonstration de musicalité et de générosité.

Kimintang Mohamadou Cissoko est né en 1970 à Kolda en Haute-Casamance. Il est le descendant d'une lignée de griots et fait l'apprentissage de la kora à partir de ses huit ans. En 1985, Ablaye Cissoko s'installe à Saint-Louis du Sénégal et intègre le Saint-Louis Jazz Orchestra composé de musiciens africains et européens. Ablaye Cissoko attend 2003 pour enregistrer ses propres compositions avec Diam. Ablaye Cissoko s'empare ensuite d'une légende ouest-africaine du XIIème siècle, celle de Kimintang le Griot rouge. L'album Le Griot Rouge permet à Ablaye Cissoko de se faire un nom reconnu internationalement en 2005.
De sa rencontre avec le trompettiste allemand établi à New York Volker Goetze naît en 2009 l'album Sira. Les deux hommes y confrontent modernité et tradition, jazz et musique africaine, dans un album d'une grande pureté. Ablaye Cissoko dont le but au-delà de la musique est "d'apaiser le coeur des hommes" se nourrit en 2011 d'une nouvelle rencontre avec le multi-instrumentiste marocain Majid Bekkas. Cette fois, c'est sans surprise une rencontre toujours bienvenue entre jazz, musique arabe et orientale et musique africaine qui a lieu avec Mabrouk.
Ablaye Cissoko retrouve Volker Goetze en 2012 pour Amanké Dionti. Ce deuxième disque en commun met l'accent sur la rencontre entre univers urbains et espaces africains. L'acoustique particulière de l'église Bon Secours à Paris où est enregistré l'album lui confère un cachet supplémentaire. Amanké Dionti sort en octobre 2012 et est rendu possible grâce au soutien de la fondation BNP Paribas. La même année, en 2012, sort l'album "African Jazz Roots", issu de la rencontre à Dakar avec les jazz men Simon goubert and Jean Jacques Avenel. Ablaye Cissoko est ensuite de nouveau seul pour Mes Racines en 2013, il est également le compositeur de la bande son du documentaire Popenguine la même année.
En 2014, sort à l'international et en digital l'album Saint Louis datant de 2010 qui n'était jusqu'alors sorti qu'au Sénégal. Ablaye Cissoko retrouve Volker Goetze pour Djaliya en octobre 2014.
Outre Simon Goubert, Majid Bekkas ou Volker Goetze évoqués plus haut, Ablaye Cissoko a également joué en live ou en studio avec François Jeanneau, Eric Bibb, Julia Sarr, Denis Colin, Randy Weston, l'Ensemble La Chimara (Eduargo Eguez), Benat Achiary…

Ensemble Constantinople, c’est l’histoire d’un ensemble musical qui a choisi de faire du voyage son fondement – voyage géographique, historique, culturel, intérieur –, de s’abreuver à toutes les sources, de viser les horizons lointains. Empruntant à l’ancienne cité phare éclairant l’Orient et l’Occident, l’ensemble, éclos en 1998 à Montréal, a été imaginé comme un espace de création, de rencontres et de métissages par Kiya et Ziya Tabassian, que l’effervescente Téhéran a vu grandir.

Kiya joue le sétar, chante et compose, tandis que Ziya explore les infinies possibilités du tombak et de la percussion. Nourris par la tradition savante persane, musique et poésie mêlées, tous deux sont dotés d’une formation musicale à la fois autodidacte, académique et traditionnelle. Se connaissant par cœur au plan musical et continuant de se découvrir, ils osent, entre virtuosité et créativité, façon d’ouvrir et de réinventer le patrimoine de la terre d’origine. L’exil et la découverte du Québec à l’adolescence semblent leur avoir donné des ailes !
En 2008, la formation évolue et accueille Pierre-Yves Martel, gambiste féru d’improvisation tout aussi insatiable et aventureux qu’eux. Musicien inspiré au bagage pluriel, figure équilibre de Constantinople, Pierre-Yves joue de sa rigueur admirable pour toujours embrasser de nouveaux langages, incarnant ce carrefour entre musique ancienne et contemporaine, en contrepoint de la musique persane.
Depuis, les trois n’ont de cesse d’explorer les pistes, en migrateurs aguerris : des manuscrits moyenâgeux à l’esthétique contemporaine, de l’Europe méditerranéenne à l’Orient, en passant par les espaces libres du Nouveau Monde baroque.
Constantinople s’associe dans une optique de recherche et création à d’autres artistes incontournables de la scène internationale, parmi lesquels les chanteuses Françoise Atlan, Savina Yannatou, Rosario La Tremendita, Ghada Shbeir ou Irasema Terrazas; l’ensemble grec En Chordais, le chœur polyphonique corse Barbara Furtuna ou bien le groupe québécois Vent du Nord; le virtuose de rûbab afghan Homayoun Sakhi; le DJ Mercan Dede; les percussionnistes les plus en vue, tels le Stambouliote Mısırlı Ahmet ou l’Israélien Zohar Fresco.
Constantinople est régulièrement accueilli dans les grands festivals et les salles de renom, recevant la reconnaissance aussi bien du public que des professionnels et des critiques.

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