Chinese Man, Portraits

Musique
Galerie photo + Interview
Festival Solidays, Hippodrome de Longchamp (Paris)
27 juin 2014


N'allez pas chercher une quelconque filiation asiatique dans les origines du groupe, Chinese Man est un collectif né à Marseille qui enflamme la scène européenne avec une musique aux multiples influences sans être étiquetée « world » pour autant. Chinese Man commence dès 2004 et cartonne actuellement avec le troisième volume de The Groove Sessions. Très attendus à la 16ème édition du festival Solidays, le concert a subi une panne matérielle au début du set, ce qui a entrainé une formidable impro et une forte adhésion du public qui les a soutenu et aimé durant cet intermède involontaire. Nous les avions rencontrés juste avant leur entrée en scène lors d'une conférence de presse.

Quelle est l'origine de votre participation à Solidays et son intérêt pour vous ?
La première fois c'était en dj set dans un chapiteau qui a très vite été bondé. Donc une histoire particulière dès le début. C'est encore mieux lorsque c'est pour une cause qui nous paraît juste. Nous n'avons pas pour habitude dans Chinese Man de ne nous étendre dans les revendications, mais ça nous fait plus plaisir de jouer dans un festival qui a des ambitions autres que simplement financières !

Quelles sont les différences entre vos premiers concerts et ce festival ?
Des cheveux blancs ou plus de cheveux... Une certaine fierté que l'album soit si bien accueilli, d'autant que nous sommes un label indépendant et que ça nous tient vraiment à cœur de le rester. Sur les dix années passées, nous avons pu développer le label et le groupe en parallèle. Des artistes comme Deluxe et Taïwan Mc nous ont rejoints.
Pour quelles raisons on ne peut trouver sur internet les clips diffusés lors de vos concerts ?
Parce que les gens ne viendraient plus à nos concerts ! (rires). Déjà que la moitié du public filme avec son téléphone... C'est bien d'avoir quelque chose en plus et d'un peu spécial quand tu viens au concert.

Le statut d'indépendant vous a permis plus de liberté et de créativité ?
Disons que ça nous a permis d'être complètement décisionnaire à tous les niveaux : l'artistique, les supports de promotion et le choix des médias, la durée et les conditions des tournées. C'est vraiment la liberté de fonctionnement qui est primordiale pour nous.

Votre créativité s'arrête aux arrangements ou bien vous participez aussi aux visuels print et video ?
Nous participons bien sûr mais nous savons nous entourer et le fait de fonctionner en collectif apporte des talents dans chaque domaines et étapes du projet. De même, et dans l'esprit collectif, tout le monde est payé pareil lors des tournées. Le label Chinese Man Records doit rester fort de manière à ce que chacun puisse continuer à développer ses projets comme il le souhaite. Tout est axé sur les initiatives de chacun, les groupes peuvent piloter leur projet comme bon leur semble. On a trouvé notre équilibre entre nos envies et celles des personnes qui se greffent au projet. C'est ça l'idée du label.

Alors que vous préfériez ne pas être célèbres, force est de constater que votre renommé grandit de scènes en scènes. Comment abordez-vous la célébrité ?
Nous le sommes sans vraiment l'être : notre musique est beaucoup diffusée, le nom de Chinese Man s'entend pas mal aussi, mais nous en tant que personnes, nous restons assez anonymes. En fait, si on ne vous avait pas dit que l'on était Chinese Man, vous ne nous auriez pas reconnus. D'ailleurs, ce n'est pas nous... nous on est Deluxe ! (rires). Nous n'avons pas ce rapport à la célébrité avec le public. Nous cherchons à ce que ce ne soit pas biaisé. Nous n'avons pas envie que les gens aiment nos personnes, mais qu'ils aiment notre musique. En ce sens, dès le début, nous avons travaillé sur l'identité graphique et développé un univers plutôt que de nous mettre en avant. Les chanteurs sur scène ne sont pas toujours les mêmes, ce qui est drôle c'est que le public pense que ce sont eux Chinese Man alors que nous, nous sommes derrière !

Les fausses bio et l'imaginaire autour du groupe participe à ce parti pris ?
Oui c'est assez simple : quand tu fais de la musique et que tu dois faire un site internet pour partager ton son, il faut te présenter. Nous n'avions rien d'intéressant à raconter sur nous : on avait eut notre bac en 92, tout ça... (rires) en fait, on s'est inventé une histoire parce que l'on n'en avait pas tout simplement ! D'ailleurs la plupart du temps les bios d'artistes sont assez chiantes (rires), n'importe quel moyen pour se démarquer est bon à prendre. On l'a vraiment fait comme une blague au départ, et comme ça retenait plus l'attention que le fait que Sly ait fait du piano à 10 ans etc.. on l'a gardé !

Propos recueillis par Vincent Gramain


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